La nuit tombe doucement sur le parking désert.
Les phares s’allument.
Ma main glisse.
Je roule lentement, vitres teintées, mais pas totalement opaques. Juste assez pour suggérer. Pour laisser deviner. Les ronds-points de Mérignac, les zones commerciales éteintes, les aires de repos où quelques camions stationnent encore. J’aime ces endroits-là. Ceux où on ne devrait rien faire d’autre qu’attendre.
Mais moi j’attends autrement.
Mon corps s’offre dans la pénombre de l’habitacle. Parfois un regard croise le mien. Parfois une portière s’ouvre. Je cherche un homme qui comprend sans qu’on lui explique. Qui sait monter. Qui sait regarder d’abord. Qui sait toucher ensuite. Une femme disponible ville comme moi ne court pas les rues, mais elle existe. Dans sa voiture. La nuit. Avec cette envie qui monte et qui refuse de redescendre seule.
Si tu passes par là. Si tu me vois. Si tu oses.
Frappe à ma vitre.
Je déciderai si elle s’ouvre.