Je me souviens encore de cette sensation. Celle d’avoir envie de quelqu’un et de ne pas réfléchir. De juste prendre. D’être prise. Sans regarder l’heure, sans calculer si on a le temps, sans se demander si c’est le bon moment.
Mon mari rentre à 19h15 précises. On dîne. On regarde la télé. On se couche. Parfois le samedi il y a un geste, une main qui cherche, mais c’est mécanique. C’est devenu un rendez-vous conjugal. Plus rien de spontané. Plus rien qui brûle.
Je cherche juste un homme sur Annecy qui comprenne ce manque-là. Pas besoin d’un guide femme disponible pour expliquer ce que c’est que de vouloir baiser sans préméditation. Dans une voiture. Contre un mur. L’après-midi si on peut. Je veux retrouver cette urgence. Ce truc où on ne pense plus, où le corps décide.
Je suis mariée, je le cache pas. Mais je veux pas qu’on m’explique que c’est mal. Je sais déjà. Je veux juste quelqu’un qui ait autant besoin que moi de retrouver ce que c’était avant. Quand le désir n’était pas programmé.